Par Mélissa Poirier, conseillère en développement de carrière et Mathieu Guénette, directeur des services professionnels
Il y a bien longtemps, à l’âge de pierre, la vertu première du stress était de protéger la vie de l’homme des cavernes des bêtes sauvages et des voisins hostiles. L’ère des mammouths étant révolue, et l’homme ayant évolué dans ses fonctions cognitives, le déclenchement du stress s’est complexifié. Il agit toujours comme une alerte mais sa fonction s’étend désormais à protéger tout ce que l’on identifie comme faisant partie de notre existence. Par exemple, le stress peut nous avertir que nous avons besoin de régler une problématique relationnelle, de protéger notre intégrité, nos valeurs, nos principes, notre santé psychologique, etc.
Le stress est un mécanisme de défense biologique, il ne peut être évité. Sporadiquement et à court terme, il ne cause pas de dommages à notre organisme. À l’inverse, la science nous apprend qu’un niveau de stress qui demeure élevé sur une longue période peut générer de nombreux effets indésirables sur la santé physique et psychologique, tels qu’une diminution de la mémoire, l’épuisement professionnel et la dépression.
Alors, comment faire face au stress? Quelle méthode employer pour l’atténuer et l’empêcher de nuire à notre bien-être ?
Le niveau de stress peut être réduit grâce à diverses méthodes. À travers ses recherches, un psychologue existentialiste américain du XXe siècle du nom de Rollo May a mis en lumière l’ensemble des manières de faire face au stress et les a regroupées en deux catégories : les stratégies défensives (ou destructives) et les stratégies positives (ou constructives).
LES STRATÉGIES DÉFENSIVES
Nous adoptons des stratégies « défensives » lorsque nous cherchons par tous les moyens à fuir et éliminer le stress de notre conscience. Malheureusement, ces stratégies ne procurent qu’un soulagement éphémère. Si la source de notre stress demeure, le stress va s’intensifier avec le temps, car aucune action n’est posée afin de résoudre la problématique pour laquelle il tente de nous mettre en garde. Ainsi, nous érigeons des barrières qui freinent notre développement personnel et nous demeurons prisonniers de notre malaise à long terme.
Se distraire, s’entêter ou s’acharner, se plaindre, s’isoler du reste du monde… voilà autant de stratégies d’évitement que nous employons pour faire face aux désagréments du stress. Avez-vous déjà employé l’une de ces méthodes dans votre vie personnelle ou professionnelle ? Remémorez-vous une situation stressante durable où vous avez choisi l’évitement. Quels ont été les effets sur votre bien-être à court terme ? À long terme ?
Les stratégies défensives peuvent paraître une voie facile dans laquelle s’engager. Par ailleurs, les conséquences peuvent être coûteuses…
Alors, comment faire face au stress de manière à éviter les escalades de désagréments ? En employant des stratégies positives !
LES STRATÉGIES POSITIVES
Une manière constructive de gérer le stress consiste tout d’abord à accepter qu’il fasse partie de notre vie et à reconnaître son rôle qui est de nous renseigner sur ce qui ne va pas. Lorsqu’un stress survient, il y a lieu de prendre un temps pour se recueillir et d’observer ce qui se passe en nous.
Prenez un moment de recul pour comprendre ce qui se produit dans votre for intérieur. Demandez-vous : pourquoi suis-je stressé(e) ? Quel a été l’élément déclencheur ? Lorsque la situation stressante s’est produite, quelles ont été mes pensées ? Comment est-ce que je me suis senti(e) ? De quoi ai-je besoin pour retrouver mon calme ? Qu’est-ce que je peux faire concrètement pour faire évoluer la situation ?
Prendre le temps d’analyser la situation vous permettra de mieux comprendre ce qui s’est passé. La réflexion ainsi menée vous permettra de cibler la ou les meilleure(s) manière(s) d’agir, parmi les 4 comportements constructifs mis en lumière par Rollo May : la convergence, l’assimilation, la divergence et l’accommodation.
Pour en savoir plus, vous pouvez vous procurer le livre The Meaning of Anxiety, rédigé par Rollo May.